F.M. Alexander – L’homme et son oeuvre

FM Alexander

Frederick Matthias Alexander est né en Tasmanie en 1869. Enfant plutôt chétif, il fut tôt gardé à la maison où il reçut son éducation scolaire. Son tuteur lui insuffla une certaine passion pour Shakespeare qui ne le quittera plus et adolescent il étudie l’élocution à Melbourne pour pouvoir devenir acteur. Son rêve réalisé, il forme même sa propre compagnie théâtrale qui sera applaudie en Nouvelle-Zélande. Malheureusement, Alexander commence à perdre la voix sur scène.

Le seul remède qu’on lui propose est le repos de la voix. Même deux semaines de repos avant une prestation n’empêcheront pas les symptômes habituels d’apparaître et la perte de voix de s’ensuivre avant la fin de la représentation. La puissance de son raisonnement le conduisit à conclure qu’il devait être lui-même responsable de son problème en faisant quelque chose qui lui échappait pendant la représentation. Son médecin approuva tout en étant incapable de lui expliquer de quoi il s’agissait. Alexander comprit et apporta une solution à son problème au bout de plusieurs années de patientes expérimentations, uniquement équipé de sa détermination et de sa capacité d’observation (et de quelques miroirs).

Il remarqua qu’au moment de se mettre à réciter, il contractait les muscles de son cou de manière à tirer sa tête vers le bas et vers l’arrière. Simultanément, il effectuait une aspiration d’air sonore associée à une compression du larynx. Ces phénomènes étaient reliés à un tassement de l’ensemble de son corps. Alexander trouva le moyen de pallier à sa manière de se mettre à réciter au point que son problème de voix disparut progressivement.

L’amélioration de la qualité de ses prestations sur scène fut si évidente qu’elle amena des collègues à venir se faire aider par Alexander, ce qui lui permit, en les observant, de réaliser que la rétraction de la tête, la compression du larynx et l’aspiration d’air sonore n’était pas un comportement qui lui était propre, mais affectait la plupart des gens à des degrés divers. Les résultats de son travail amenèrent des médecins à lui envoyer des patients atteints de problèmes respiratoire et Alexander fut ainsi amené à se consacrer exclusivement à l’enseignement de sa technique.

Il forma également son frère à ses méthodes et tous deux s’installèrent à Sydney où ils ne manquèrent pas de travail. Un chirurgien de renom, le docteur J. W. Steward Mc Kay, persuada Alexander que la technique qu’il avait créée était d’une telle importance pour l’humanité qu’il devait aller s’installer à Londres, pour lui assurer la reconnaissance qu’elle méritait. Il s’embarqua donc pour Londres en avril 1904 où il fit profiter de sa technique un nombre accru de personnalités du monde du théâtre et de tous les horizons, puisque chacun est concerné par la manière de réagir et de se mouvoir. Son premier livre, ‘L’Héritage Suprême de l’Homme’, fut publié en 1910.

Pendant la Première Guerre mondiale, il se rendit aux Etats-Unis et, chaque année de 1914 à 1924, il traversait l’Atlantique en octobre et revenait en Angleterre au Imprimeremps. En 1920, il épousa Edith Page et adoptèrent une fille prénommée Peggy. En 1923, Alexander publia son second livre, ‘Le Contrôle Constructif Conscient de l’Individu’, préfacé par le philosophe américain John Dewey.

En 1930, Alexander créa le premier cours de formation de professeurs de la Technique Alexander et en 1932 fit publier son troisième livre : ‘L’Usage de So’i, qui est son plus grand succès en librairie en Grande-Bretagne.

Son travail devint de plus en plus reconnu durant les années précédant la Seconde Guerre mondiale, cette dernière l’obligeant, à l’âge de 71 ans, à déménager à nouveau aux Etats-Unis avec ses assistants pour pouvoir continuer à travailler. Il publia son dernier ouvrage en 1942, ‘La Constante Universelle dans l’Art de Vivre’, avant son retour en Angleterre à la fin de la guerre. Il y repris son son cours de formation de professeurs qu’il assura jusqu’à sa mort en 1955.

En 1947, suite à un procès éprouvant qu’il finit par gagner et intenté contre lui ainsi que son travail par le gouvernement d’Afrique du Sud où enseignait une de ses assistantes, Alexander eut une crise qui laissa des séquelles d’hémiplégie gauche, visibles sur les photos de l’époque. Les espoirs qu’un homme de son âge récupère toutes ses facultés étaient minimes. Pourtant, une année plus tard, Alexander reprenait son enseignement, ses mains meilleures que jamais, et continua de travailler jusqu’à sa disparition, parfaitement conscient qu’il avait mis le doigt sur un aspect fondamental du contrôle du fonctionnement humain et qu’il n’avait fait que défricher ce nouveau territoire de la connaissance.


Alexander Technique Brussels

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