Il n’y a pas un seul magazine qui ne propose quelques bons exercices pour renforcer les abdominaux, le dos ou toute autre partie corps. De même, beaucoup de thérapeutes prescrivent des exercices spécifiques en fonction des problèmes particuliers de leurs patients. Ce ne sont pas non plus les salles de gymnastique ou de fitness qui manquent d’où les pratiquants reviennent souvent avec quelques bons exercices à faire chez eux.
Une question que je n’entends que très rarement est la suivante: Suis-je capable de faire ces exercices sans me faire du tort et réellement en bénéficier ?
Il est vrai que les personnes sensibles et raisonnables se la posent car elles réalisent tout au début, quand elles commencent à faire des exercices qui ne leur conviennent pas, qu’elles ressentent de l’inconfort et qu’elles feraient mieux d’arrêter. La plupart du temps, elles ne s’écoutent pas, elles se disent que c’est passager et que toute façon si ça marche pour quelqu’un d’autre pourquoi pas pour elles. Une fois ces premiers signes oubliés, on se discipline, on se force et on continue. Ces personnes-là ne verront en général pas d’amélioration de leur état.
Faut-il supprimer les exercices ? Pas du tout, les exercices sont excellents pour la santé et la forme. Ce qu’il faut supprimer ce sont les préjugés qui nous empêchent de bénéficier de ces exercices et de les aborder d’une manière plus physiologique, en tenant compte de l’ensemble du corps.
La Technique Alexander prône la nécessité de faire passer la coordination générale avant le travail spécifique sur une partie du corps depuis plus de cent ans. Je suis heureux de constater que cette approche gagne du terrain, mais pas assez vite selon moi. De plus, même quand les principes dont découlent les exercices proposés semblent très corrects, je constate que lorsqu’on passe à la mise en pratique, on ne retrouve plus l’essence des principes, le travail spécifique de certaines parties du corps se fait au détriment de l’ensemble. Je vois une jambe s’étirer pendant que la colonne se tasse, par exemple.
Une série de leçons en Technique Alexander permet facilement de réaliser comment quelqu’un exécute ses exercices et de quelle manière il interfère avec le bon fonctionnement de ses mécanismes posturaux.
L’élève réalisera lui-même qu’il est possible d’exécuter les exercices qu’il aime ou qu’on lui a prescrit sans créer de compensations néfastes ailleurs dans le corps. La Technique Alexander lui fera prendre conscience de l’importance de garder la flexibilité et l’allongement de la colonne vertébrale pendant le mouvement.
Progressivement, la perception de soi s’affinera et ce qui convient ou ne convient pas dans l’exécution d’un exercice, ou ce que l’on fait qui nous empêche d’en bénéficier deviendra de plus en plus clair et les corrections que nous apporterons seront de plus en plus fiables.
Il ne faut pas oublier que les exercices, pour qu’ils
soient efficaces, doivent s’inscrire dans une
hygiène de vie plus large, incluant une attention
à la qualité de son sommeil, de son alimentation
et de son oxygénation. Beaucoup font l’erreur
de voir une solution dans les exercices, alors qu’ils
ne sont qu’un moyen parmi les autres pour améliorer
notre vie. Pour l’homme ordinaire qui mènerait
une vie suffisamment active physiquement, les exercices
d’entretien ne sont même plus nécessaires.
Il en va tout autrement du sportif ou du danseur aux
exigences et aux attentes physiques d’un autre
ordre.

