Mouvement, posture, geste et respiration

Dans la pratique, comment peut on apprendre a faire le “bon” geste? Est-ce une reeducation physique qui passe par une gymnastique? Une serie de mouvements a faire quotidiennement? Pouvez vous me donner un exemple concret?

Bonjour, je vous invite à une des séances d’introduction que vous trouverez à la page Agenda pour une expérience concrète de la Technique Alexander. Pour répondre à votre question, sachez d’abord que la Technique Alexander n’est pas une méthode de gymnastique et qu’il n’y a pas de série de mouvements spécifiques à pratiquer quotidiennement.L’application des principes de la Technique Alexander au mouvement est connue parce que le mouvement est un cas particulier de réaction humaine, réaction dans le cas du geste au désir d’exécuter un mouvement.

Exécuter un geste, qu’il soit technique, professionnel, sportif ou quotidien dépend de l’état de coordination psychophysique général.
Alexander en donne un exemple dans son livre L’Usage de Soi, quand il décrit le cas du golfeur qui ne pouvait garder l’œil sur la balle.

Les connaissances et instructions techniques ne suffisent pas pour exécuter un ‘bon geste’. Le prérequis principal est une perception correcte de soi pour être à même de détecter et de prévenir ce qui nécessite correction, c’est de cet aspect-là que s’occupe la Technique Alexander.

En gros, nous nous y prenons de la manière suivante.

  • Première étape: apprendre à l’élève à mettre en pratique les procédures mentales qui lui permettront de garder un certain contrôle conscient de ses réactions (arrêt, inhibition, directions internes, action)
  • Deuxième étape: rendre l’élève conscient des tensions neuromusculaires et autres habitudes qui sont associées à la préparation du geste à accomplir (le professeur guide l’élève dans le geste).
  • Troisième étape: apprendre à créer l’état de contrôle conscient et à le garder actif lors de l’exécution du geste pour supprimer toute interférence et permettre l’assimilation progressive du ‘bon’ geste par un corps en bonne relation avec la gravité (cou libre, tête libre, colonne souple).

Il faut compter en moyenne entre 20 et 30 séances de travail individuel pour être à même de pouvoir assimiler les bases des procédures pour pratiquer et s’améliorer seul.

Y a-t-il des exercices du cou?

Bien sûr qu’il existe des exercices pour le cou, des centaines probablement, comme pour toutes les autres parties du corps, vous pouvez même en inventer vous-mêmes. Du point de vue de la Technique Alexander cependant, des exercices ne peuvent être bénéfiques que si, au cours de leur exécution, l’utilisation de soi n’est pas compromise. C’est pourquoi, la Technique Alexander ne préconise pas d’exercices particuliers pour le cou ou toute autre partie du corps mais apprend à se préparer pour créer des conditions favorables au mouvement. Quelqu’un qui apprend à empêcher les tensions neuromusculaires habituelles de s’installer dans son corps avant d’initier un mouvement, peut diriger son corps d’une manière qui lui permettra d’acquérir un meilleur contrôle et une meilleure coordination générale de lui-même et pouvoir à ce moment-là bénéficier des exercices qu’il pratique. Un exercice en soi n’est ni bon ni mauvais, tout dépend de son exécution. Un exercice réputé efficace peut même devenir dangereux pour une personne qui l’exécute dans un état mental et physique inapproprié, car  elle verra ses défauts s’accentuer et se renforcer au lieu de s’améliorer.