La Technique Alexander et l’art martial

Les arts martiaux traditionnels reposent sur certains principes universels, fruits d’une longue pratique, parfois millénaire, que l’on ne peut qu’approuver et qui sont indépendants des buts spécifiques recherchés par chacun d’eux pris séprarément.

Ces principes excluent toute division de l’être humain.  L’être humain dans sa globalité est impliqué dans une action, dans un mouvement, sans tension excessive, en utilisant l’intention ou les directions, comme on dit en Technique Alexander, et non pas la force, ou des moyens directs de contraction musculaire.

La Technique Alexander s’intéresse en particulier à la préparation consciente du mouvement et à l’organisation corps initiant le mouvement. De ce fait, la Technique Alexander est du plus haut intérêt pour  le pratiquant d’un art martial. Ce sont les schémas neuro-musculaires qui sous-tendent tous nos mouvements et toutes nos intentions qui sont notre sujet d’étude et d’expérimentation. Habituellement, la rééducation par la Technique Alexander se fait à travers des gestes et des activités simples de la vie quotidienne, que l’on prolonge par l’analyse de l’exécution de mouvements particuliers, comme ceux du Tai Chi, ou des autres arts martiaux. Ce ne sont pas les mouvements en eux-mêmes qui intéressent la Technique Alexander mais le fait qu’à travers eux l’élève peut porter attention à sa manière habituelle d’être et de se mouvoir et découvrir quels sont les schémas qui limitent la qualité de ses réactions et de sa coordination.

Cette observation de soi dans l’activité permet de choisir des moyens plus physiologiques de se mouvoir, exempts des interférences habituelles. Nous pouvons ainsi inclure une meilleure utilisation de nous-mêmes dans ce que nous faisons et en restant ainsi présents à nous-mêmes élargir notre champ de conscience pour inclure dans un même mouvement le regard vers l’intérieur et le regard vers l’extérieur.

Il en va de même dans les arts martiaux qui sont dirigés vers un adversaire réél, comme le karaté, même si les coups n’y sont pas réellement portés et que la vie du karatéka ne soit pas en jeu. L’utilisation de soi améliorée par les directions intérieures apprend à prévenir les schémas habituels, pour éviter de répéter à l’identique un mouvement insatisfaisant, en associant le mouvement correct avec un meilleur rapport d’ensemble entre les différentes parties du corps obtenue par l’entretion d’une relation dynamique optimale entre le cou et la tête, et le dos et le reste du corps qui servira de «cadre» au mouvement correct, en créant une expansion fonctionnelle du corps.

La Technique Alexander opérant à d’autres niveaux que celui évident de l’amélioration de la qualité du mouvement, elle entraîne des changements durables, profonds et subtils qui auront des répercussions sur l’attitude plus générale de l’élève par rapport à son art et à la vie.

Il est difficile sans expérience de réaliser comment des changements dans la manière de ‘se tenir’ peuvent réellement avoir une incidence sur l’amélioration de techniques aussi raffinées que celles des arts martiaux. Ce n’est pas surprenant car la frontière est très ténue entre un état physique, émotionnel et mental fort et centré, et un état inconsistant et faible. Si ténue et subtile que nous ne décelons même pas la différence de tension excessive qui se crée dans le cou et force la tête vers le bas contre la colonne vertébrale quand nous passons à l’action, même si cette tension peut nous rendre moins précis, nous incommoder ou même nous faire mal. Nous rendre donc moins conscients et plus vulnérables.

Pourtant, c’est de cette différence que va dépendre le contrôle du mouvement et la manière dont il va être initié. Si la préparation est imparfaite et que le moment capital du passage à l’action reproduit ou est basé sur nos habitudes, la suite du mouvement a peu de chance d’être exécuté au mieux de notre potentiel et avec un maximum d’économie d’énergie. C’est à partir de ce premier mouvement vers le haut, quand la compression sur la colonne est rélâchée que va dépendre la suite du mouvement et l’implication correcte du corps entier.

Les procédures mentales de la Technique Alexander, qui ont une incidence concrète directe sur le corps, permettront de créer un équilibre plus libre et pourtant plus stable grâce à un bonne utilisation de la gravité, qui devient notre alliée. La relation entre le haut par la libération des tensions excessives et le bas par une meilleure réponse des muscles à la pression au sol nous reliera à notre centre de gravité, le centre du mouvement.


Athanase Vettas
Bruxelles – Belgique – E.U.
www.techniquealexander.be

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